Alors par où commencer? C'est pas simple. Enfin si. En reprenant depuis le début, on doit pouvoir y arriver.

Mon métier est le conseil. Plus précisément du conseil en sécurité de l'information. Pour ma grand-mêre ça veut dire informaticien. Pour mes parents, ça veut dire que ça touche à la sécurité des ordinateurs, quelque chose dont on parle de plus en plus à la télé ces temps-ci (TV5 Monde anyone? Snowden? Sony Pictures?). Bon en fait mon domaine à moi c'est pas complètement ces histoires-là, mais on va pas finasser pour l'instant, c'est suffisamment proche on va dire.

Donc ça c'est pour la deuxième partie de l'intitulé de mon métier : sécurité de l'information. La première partie c'est le conseil. Ça veut dire que moi et mes collègues, on connaît assez bien un domaine (la sécurité IT) pour se targuer d'être de bon conseil auprès de nos clients. Nos clients nous écoutent, suivent parfois nos recommandations, à tort ou à raison, je le reconnais volontiers, ils nous donnent un peu d'argent à la fin pour nous remercier de nos conseils (et s'ils en sont satisfaits, ils nous en demandent d'autres et on les facture à nouveau, etc.) et c'est comme ça qu'in fine je gagne ma vie. Pas compliqué non?

Sauf que...

Sauf que pour donner de bons conseils, il faut savoir un minimum de quoi on parle. Et quand on est fraîchement diplômé comme moi il y a un peu plus d'une dizaine d'année, on connaît rien à rien et le conseil ne m'attirait pas franchement. Comment pourrais-je aller conseiller des gens sur des sujets que je ne connais pas?

Et pourtant...

Et pourtant c'est aujourd'hui mon métier (et ça l'est depuis ma sortie d'école quasiment) et ce métier me plaît et je ne sais pas trop comment je pourrais faire autre chose de ma vie... Mais ce dernier point n'est pas le sujet du jour, je voudrais avant d'aborder ça vous expliquer comment ça fonctionne. Comment on peut, en sortant d'école et en n'y connaissant rien à rien, faire le métier de consultant et se regarder dans une glace.

Donc je vais vous expliquer comment ça marche dans ma boîte. On ne recrute quasi exclusivement que des jeunes diplômés. Ça nous arrive de recruter des expérimentés aussi mais c'est l'exception. Ces jeunes diplômés arrivent un beau lundi matin et dès le lundi après-midi pour une bonne part, ils sont embarqués sur une mission chez un client (ou pour un client, ça dépend). Et dès le moment où ils sont sur une mission, nous les facturons à nos clients. Ils produisent comme on dit.

Mais diantre! Comment peut-on facturer les conseils (à prix d'or) de jeunes qui n'y connaissent rien à rien? Et bien, on leur confie des tâches qui sont à leur niveau : mettre en forme les conseils et recommandations prodiguées par des plus vieux, analyser une situation, des données selon des axes déterminés par des plus seniors, faire un peu d'administratif (gérer les invitations pour les réunions, réserver des salles), relancer des acteurs à qui on a demandé des choses et qui n'ont pas répondu, etc. Vous voyez bien qu'il y a plein de choses à faire dans le conseil et qui ne sont pas à proprement parler du conseil! Et donc c'est bon, on a nos jeunes qui sont dans le conseil sans en faire mais qui voient comment toute la mécanique fonctionne et qui petit à petit comprennent le fond des sujets abordés, acquièrent des retours d'expérience et de l'expérience et qui au final seront capables d'analyser plus finement plus de choses, d'être plus autonomes, de se faire un avis sur les sujets traités, de le partager, de formuler des recommandations et à la fin de faire du conseil. Facile non?

Oui mais...